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Ghost in the Shell 2 : innocence
Batou est un cyborg vivant. Son corps entier a été fabriqué par l'homme. Seules lui restent des bribes de son cerveau et le souvenir d'une femme.
Dans un monde où la frontière entre humains et machines est devenue infiniment vague, les Humains ont oublié qu'ils sont humains. Voici la débauche du "fantôme" d'un homme solitaire qui néanmoins cherche à conserver son humanité.
Après le monstrueux Ghost in the Shell en 1995, tiré du manga de Masamune Shirow, Mamoru Oshii, l'un des papes de l'animation japonaise, remet le couvert avec Innocence, le 2eme volet du thème Ghost in the Shell.
La réalisation de cette nouvelle oeuvre est, comme toujours avec Mamoru Oshii, absolument fabuleuse. Elle suit l'évolution de l'animation japonaise récente, prenant appui sur l'animation numérique au détriment de l'animation traditionnelle. Les décors sont numériques et les personnages dessinés; cela pose des problèmes d'esthétique à certains spectateurs, mais en restent assez naturel. Techniquement excellent, le dessin est superbe du point de vue design.
Aux côtés de l'aspect visuel, l'environnement sonore joue un grand rôle. La musique de Kenji Kawai, recomposée autour de thèmes déjà développés pour le volume 1, est douce et mystérieuse parfois oppressante collant toujours à l'image.
Loin d'être une suite, Innocence est davantage une variation sur plusieurs thèmes développés au cours du 1e volume, notamment la relation de l'esprit au corps. Mais, ici, la logique est renversée. Là où le major Kusanagi réfléchissait à l'impact du cybernétique sur l'esprit, Batou se pose des questions sur son simple statut d'être humain, doué de raison et capable d'être (il cite Descartes). Humains et cyborgs sont de plus en plus indistincts, la frontière entre naturel et synthétique s'estompte laissant la porte ouverte à un monde dans lequel la vie elle-même est questionnée. Si tout est susceptible d'être synthétisé, où est l'intérêt de l'individualité, de la vie, de l'esprit.
Complexe et lent, Innocence connaît quelques moments d'action soutenue, mais reste dans l'ensemble avant tout une oeuvre contemplatrice, rigoureuse mais parfois compliquée. A ne pas montrer à un adepte de films pop-corn. Pour les autres, ce sera encore délicat.
"We weep for a bird's cry, but not for a fish's blood. Blessed are those with a voice. If the dolls also had voices, they would have screamed, 'I didn't want to become human.'"
Pour plus d'information sur le réalisateur du film, Mamoru Oshii c'est par ici.